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Les résidus des incendies en Espagne produiront de l'éléctricité (Le Monde du 4/08)

L'Espagne vient d'inaugurer sa première centrale thermoélectrique de biomasse forestière, à Corduente, dans la province de Guadalajara (près de Madrid). Cette usine, de l'entreprise espagnole Iberdrola Renovables, qui a investi 7 millions d'euros, produira de l'électricité à partir de résidus provenant des activités de nettoyage des zones forestières. Mais aussi d'arbres calcinés par les incendies.

L'usine devrait alimenter une ville de 14 000 habitants. Pour cela, elle traitera 26 000 tonnes de résidus à l'année. "L'idée de cette usine (...) était de convertir un problème en une solution", explique-t-on au sein de Iberdrola Renovables. Le terrible incendie de l'été 2005 dans la province de Guadalajara, qui avait ravagé les forêts et tué plusieurs pompiers, avait alors marqué les esprits.

Les résidus proviendront du nettoyage réalisé chaque automne et chaque hiver dans les bois. Ils seront triturés et brûlés dans cette usine, au lieu d'être laissés sur place, où ils accroissent les risques d'incendies. "L'usine a besoin de près de 2 000 tonnes par mois, or nous avons déjà 10 000 tonnes accumulées", précise-t-on chez Iberdrola. Si le premier objectif reste l'emploi des résidus, l'usine utilisera aussi les arbres calcinés des derniers incendies, qui ont détruit 2 500 hectares de végétation dans la province de Cuenca, près de Guadalajara.

L'utilisation de la biomasse forestière est applaudie par tout le monde. Les écologistes y voient une bonne mesure, à condition que quelques principes soient respectés : "Nous sommes en faveur de ce type d'usine, mais les résidus qu'elle utilise doivent uniquement et exclusivement venir du nettoyage des bois ; parfois on peut constater que d'autres types de résidus sont aussi utilisés ; ou alors nous voyons certains projets d'usine de biomasse forestière douteux", explique Alberto Mayor, coordinateur de Ecologistas en Acción pour la province de Guadalajara.

INCENDIES À RÉPÉTITION

Il fait allusion à un projet présenté en 2008 pour la montagne nord de Guadalajara, refusé depuis, qui proposait notamment de planter des arbres à croissance rapide pour ensuite les couper et les utiliser pour une usine de biomasse. "Nous ne sommes pas là pour modifier l'écosystème", assène Alberto Mayor.

Devant le potentiel que possède l'Espagne et les incendies à répétition que connaît le pays chaque été, il reste surprenant que le secteur de la biomasse forestière n'ait pas encore décollé, alors que les énergies éolienne et solaire ont pris une bonne longueur d'avance. Iberdrola a déjà, en tout cas, deux nouveaux projets : à As Somozas (à La Corogne) et à Archidona, près de Malaga. "C'est une énergie durable, qui fournit de nombreux emplois, mais nous sommes en retard dans son développement. L'administration n'encourage pas assez, et les subventions ne sont pas suffisantes : en Italie, elles sont par exemple deux fois plus élevées, explique Manuel Garcia, président de la section biomasse au sein de l'association des producteurs d'énergie durable. C'est vrai que cette industrie a besoin d'une garantie d'approvisionnement pour fonctionner, et les banques sont parfois réticentes, encore plus maintenant avec la crise, devant cette incertitude d'approvisionnement."

"Les usines de biomasse mettent plus longtemps que d'autres énergies durables à être rentables, ce qui n'aide pas", ajoute Alberto Mayor. Paradoxalement, la biomasse est considérée comme essentielle dans le plan d'énergie durable du pays, qui portait sur la période 2005-2010. "Il nous faudrait cinquante-trois ans pour parvenir aux objectifs fixés", poursuit Manuel Garcia.
Article paru dans l'édition du 04.08.09.

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Toshiba va construire sa première centrale solaire
La Tribune.fr - 19/08/2009 | 12:24 - 168 mots



Le conglomérat japonais a reçu une commande pour construire sa première centrale solaire au Japon. Déjà présent dans le secteur de l'énergie nucléaire, le groupe voit dans les énergies renouvelables son principal moteur de développement.

L'aventure solaire commence pour Toshiba. Huit mois après le lancement d'une entité dédié à la construction de centrales solaires, le conglomérat japonais annonce avoir remporté sa première commande. Il va construire une centrale pour la compagnie d'électricité Chubu Electric Power dans le centre du Japon.

Certes, Toshiba ne fabrique ni cellules ni panneaux photovoltaïques, mais le groupe met en avant son expérience dans l'ingénierie de gros sites de production électrique, qu'il s'agisse de thermique ou de nucléaire. Sur ce dernier type d'électricité, le groupe est mondialement connu, soit en son nom propre, soit via son entité américaine Westinghouse.

Mais pour Toshiba, l'heure est à une démarche plus écologique. Le groupe estime désormais que l'électricité solaire ne doit plus se cantonner aux petits systèmes privés, mais qu'elle doit accéder à l'échelle de centrales de forte puissance. Avec cette première commande, c'est chose faite pour le japonais, qui espère contrôler environ 10% du marché mondial estimé d'ici 2015, soit un chiffre d'affaires annuel anticipé de 200 milliards de yens (1,5 milliard d'euros).

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